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Vibe coding : coder sans comprendre, est-ce le futur (ou un très vieux problème) ?

  • IA

On a grandi avec Dreamweaver. Aujourd’hui, on rêve avec Copilot

Il y a des expressions qui débarquent et qui vous donnent instantanément l’impression d’avoir raté un virage.
« Vibe coding » en fait partie.

L’idée ?
Ne plus chercher à comprendre le code, mais à le “ressentir”.
Décrire vaguement ce que l’on veut, laisser une IA générer le code, tester… et si ça fonctionne, tant mieux. Sinon, on recommence.

C’est nouveau dans la forme, pas dans le fond.

Car en réalité, cela fait des années qu’on externalise notre compréhension technique :
→ Des webdesigners qui ne codent plus
→ Des no-codeurs qui assemblent des blocs
→ Des développeurs juniors qui ne lisent plus la doc parce que « l’IA s’en occupe »

Ce qui change aujourd’hui, c’est la vitesse à laquelle cette logique devient la norme.
Et ce qu’elle dit, en creux, sur notre rapport au travail, à la tech… et à la compétence.

Dans cet article, je vous propose de décortiquer le phénomène “vibe coding”, de comprendre pourquoi il séduit, ce qu’il remet en question, et pourquoi il est peut-être temps de s’interroger non pas sur la technologie elle-même…
Mais sur la manière dont on s’en remet à elle.

🧠 Vibe coding, c’est quoi au juste ?

À première vue, le « vibe coding », c’est presque une blague. Une manière de décrire ce moment où l’on tape vaguement ce qu’on veut dans une IA, et où le code apparaît comme par magie.

Pas de doc à lire.
Pas d’architecture à comprendre.
Pas forcément besoin de savoir ce qu’on fait — tant que ça fonctionne.

👉 C’est une pratique qui repose sur une idée simple :
“Je ne code plus, je décris une intention. L’IA code à ma place.”
Et si ça ne marche pas ? On recommence, on ajuste le prompt… jusqu’à ce que ça “feel good”.

⚙️ Une logique de production, pas d’apprentissage

Le vibe coding, c’est l’anti-pédagogie par excellence.
On ne cherche plus à apprendre, ni à monter en compétence.
On optimise le résultat immédiat, pas la compréhension du système.

Et c’est là que ça devient intéressant :

  • Ce n’est pas réservé aux débutants.
  • Ce n’est pas uniquement du no-code.

C’est l’effet d’une transformation globale : outils de génération, interfaces IA-friendly, logique d’accélération généralisée.

📌 Une tendance qui s’inscrit dans une mutation plus large

Cela fait plusieurs années que la logique d’assemblage a remplacé celle de la conception en profondeur :

  • Des outils comme Elementor ou Webflow ont habitué les créateurs à construire sans comprendre le code généré
  • L’essor des prompts IA pousse à formuler des intentions plutôt qu’à manipuler la syntaxe
  • Le passage de “développeur” à “prompt engineer” est vu, dans certains cercles, comme une évolution logique

Le vibe coding n’est donc pas une aberration.
C’est une conséquence logique d’un écosystème technique qui a fait de la rapidité une vertu… et de la compréhension, un bonus optionnel.

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⚡ Pourquoi ça séduit autant (au début)

Soyons honnêtes : si le vibe coding s’impose, ce n’est pas un accident.
C’est parce qu’il répond à une attente bien réelle.

🕐 Le gain de temps perçu

Plus besoin de passer des heures à comprendre une stack, fouiller Stack Overflow ou configurer une fonction en trois étapes.
On décrit ce qu’on veut, l’IA génère, et le livrable est là — ou presque.

💡 L’effet « magie noire » (mais gratifiante)

Pour beaucoup, surtout les profils non techniques ou les juniors, il y a une satisfaction immédiate à voir une ligne de code apparaître, faire ce qu’on attend… sans passer par les galères classiques.

Le résultat arrive vite.
Et il « fonctionne » (en apparence, du moins).

🛠️ La montée en puissance des outils IA

Avec GitHub Copilot, ChatGPT, CodeWhisperer ou Replit, le prompt est devenu une méthode de dev.

L’IA code vite, proprement, sans rechigner.
Pourquoi s’en priver ?

🤷 Moins de pression sur la qualité

Pour un MVP, une landing page, une démo client : si ça tourne, c’est suffisant.
Pas besoin de tests unitaires, de doc ou d’architecture scalable.
Et c’est là que les problèmes commencent…

🔥 Les risques concrets du vibe coding

Si le vibe coding semble inoffensif au premier abord, c’est parce qu’il repose sur un postulat fragile :

Tant que ça marche, tout va bien.

Mais dans la vraie vie de projet, cette logique a un coût. Et souvent, c’est le long terme qui paye l’addition.

🧱 Un code qu’on ne comprend pas… ne se maintient pas

Quand personne ne sait expliquer comment ou pourquoi une fonction fonctionne,
→ personne ne sait non plus quoi faire quand elle casse.

Déboguer du code généré automatiquement, sans logique apparente ni convention, revient à déchiffrer une langue inventée… sans lexique.

📉 La perte de compétence, surtout chez les profils juniors

Utiliser l’IA comme assistant, c’est bien.
S’en servir comme béquille permanente, c’est autre chose.

À force de déléguer chaque boucle, chaque requête, chaque logique métier à une IA, on court-circuite l’apprentissage. Et on crée une génération de développeurs incapables de… développer sans l’IA.

🧩 Des projets qui deviennent incompréhensibles à plusieurs

Le vibe coding peut fonctionner en solo.
Mais dans une équipe, il crée une dette cognitive invisible.
→ Pas de convention, pas de documentation, pas de discussion.

Juste une suite de blocs collés ensemble, qui marchent “à peu près”. Jusqu’au jour où ça ne marche plus.

🧨 Une dépendance technologique à sens unique

Plus le vibe coding devient une habitude, plus l’outil prend le pouvoir.
Et moins on est capable de remettre en question ce qu’il propose.

Cela pose une question stratégique :

Sommes-nous encore en maîtrise de ce que nous construisons ?

🧰 Peut-on vibe coder intelligemment ?

Oui.
Mais pas n’importe comment.

Le vibe coding peut être un accélérateur, un levier de productivité, un moyen d’explorer rapidement des pistes techniques.
👉 À condition de poser un cadre clair, et de garder la maîtrise humaine dans la boucle.

✅ Les bonnes pratiques du vibe coding

🔍 1. Posez une intention claire

Avant de prompt-er, posez noir sur blanc ce que vous attendez du code (objectif, contraintes, contexte).

🧠 2. Relisez toujours

Même si « ça marche ». Vérifiez la logique, les failles potentielles, les effets de bord.

🛠️ 3. Testez, versionnez, comparez

N’intégrez pas en prod du code généré en one-shot. Utilisez un repo de test, comparez les versions.

✏️ 4. Documentez le minimum vital

Un commentaire, un prompt collé en haut du fichier… N’importe quoi qui aide à comprendre d’où ça vient.

📚 5. Apprenez en même temps

Demandez à l’IA d’expliquer ce qu’elle propose. Faites-en un levier de progression, pas une roue de secours permanente.

☕ Conclusion : coder moins, comprendre mieux (et soigner ce qu’on construit)

Soyons honnêtes : ne plus avoir à coder des landing pages génériques, c’est une bénédiction.

Des lignes, des colonnes, des blocs. Des carrés dans des lignes, ou des lignes dans des carrés.
Combien d’entreprises ont simplement besoin d’une page propre, d’un mini blog, ou d’un formulaire fonctionnel ?

Le vibe coding ouvre une vraie opportunité à ces structures.
Et il est fort probable que, dans les années à venir, des plateformes proposent des services clé en main, avec des rendus professionnels, une couche d’IA intégrée, et un minimum de friction pour l’utilisateur.

➡️ Il en existe déjà, comme lovable.dev, par exemple.

En théorie, ces plateformes se chargent aussi de la maintenabilité.
En pratique ? C’est une opportunité pour beaucoup… mais pas sans conditions.

🧑‍⚕️ Nouveau paysage, nouveaux rôles

Il faudra inventer de nouveaux intitulés de postes.
Ceux qui maintiendront ces stacks vibe-coded ne seront plus tout à fait des développeurs.

Ce seront des installateurs.
Et les développeurs, eux, deviendront des architectes.
Ceux qui interviennent en cas de crise, qui maîtrisent l’architecture, qui comprennent le pourquoi du comment.

➡️ Leur rôle restera central dans les projets à forte valeur R&D,
➡️ Et dans les environnements où l’on traite des données sensibles ou hautement stratégiques.

💰 Le vrai risque ? Pas le code. Le business model.

De nombreuses plateformes no-code / low-code ou IA vont offrir des outils puissants, simples, rapides.
Mais certaines verrouilleront l’écosystème, rendront la migration difficile, ou factureront très cher le droit de partir.

👉 Lisez les CGV. Vraiment.

Et si vous avez un doute : faites-vous accompagner.

🎯 En résumé : utilisez, testez… mais restez lucides

Le vibe coding n’est ni une hérésie, ni une trahison.
C’est un symptôme d’un basculement plus large dans la manière dont on produit, on conçoit, on transmet la valeur numérique.

Et comme tout outil puissant, il demande du cadre, du recul… et un peu de bon sens.

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1 commentaire pour “Vibe coding : coder sans comprendre, est-ce le futur (ou un très vieux problème) ?”

  1. Utiliser l’IA, ça fait gagner du temps si c’est bien utilisé.

    Cela dit, comprendre les bases est essentiel.
    Questionner la réponse d’une IA est essentiel.
    Comprendre la réponse d’une IA est essentiel.

    Si demain, vous avez une coupure d’électricité, c’est un congé forcé ?
    L’IA est un outil et doit le rester.
    Vous vous devez de garder le contrôle.

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