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Le métier de développeur web est-il en danger avec l’IA et le no-code ?

Les développeurs vont-ils finir par coder… leur propre disparition ? 💀👨‍💻

« J’ai le sum »… et une vraie question

Ces derniers temps, j’avoue : j’ai le sum, comme disent les jeunes. Un client m’a récemment montré l’application qu’il venait de développer tout seul avec une solution no-code. Et franchement ? C’était pas mal du tout. Assez pour que je me demande ce qu’on va devenir, nous autres professionnels du web.

Je pense à mes potes dev qui ont passé des années à perfectionner leurs frameworks maison. Est-ce qu’ils sont condamnés à devenir des dinosaures du digital ? Ou au contraire, est-ce qu’ils sont les mieux placés pour survivre dans un monde où l’IA et le no-code font le show ?

Aujourd’hui, j’ai envie de faire le point. Parce que si vous êtes en train de lancer un projet, si vous dirigez une PME avec un budget tech sous tension, ou si vous rêvez d’autonomie digitale, vous méritez une réponse honnête.

Peut-on réellement développer une application web sans développeur ?

La réponse courte : oui, mais…

Les outils no-code et low-code comme Bubble, Webflow, Glide ou encore Softr permettent aujourd’hui de créer des applications web sans écrire une ligne de code. On peut :

  • Créer une base de données relationnelle.
  • Gérer des logiques conditionnelles.
  • Connecter des API (merci Zapier & n8n).
  • Concevoir des interfaces assez sexy.

Mais…

Dès que votre projet sort des sentiers battus (ex. : marketplace, logique métier complexe, forte volumétrie, exigences de sécurité), ces outils montrent leurs limites :

  • performances réduites,
  • architecture peu scalable,
  • dépendance à une plateforme fermée,
  • maintenance incertaine à long terme.

👉 À retenir : Le no-code est parfait pour tester un concept, créer un MVP ou automatiser des tâches internes. Mais pour un produit robuste, durable et évolutif, le recours à un développeur reste largement justifié.

À quoi sert un développeur web de nos jours ?

Bonne question. Et surtout, elle pique un peu.

Aujourd’hui, un développeur web ne sert plus seulement à « coder une appli ». Il est devenu :

  • Un architecte technique : il choisit les bonnes briques pour ton projet, avec un œil sur la performance, la sécurité et l’évolutivité.
  • Un facilitateur : il met en place les conditions pour que ton équipe soit autonome (admin, back-office, API, etc.).
  • Un garant de la qualité : tests, gestion des erreurs, optimisation continue.
  • Un interprète : entre le besoin métier et la machine.

Et aujourd’hui, il doit en plus :

  • comprendre du code généré par une IA (pas toujours lisible),
  • maintenir des workflows semi-automatisés,
  • cohabiter avec du no-code dans l’architecture.

Bref : il faut penser plus large, plus vite, et souvent en mode pompier.

Est-ce que le métier de développeur web est en voie de disparition ?

Non. Il est en mutation accélérée.

Ce qui change :

  • Les IA (GitHub Copilot, ChatGPT…) accélèrent la production.
  • Les outils no-code automatisent des parties simples.
  • Le développeur devient un chef d’orchestre technique, capable de naviguer dans un écosystème hybride..

Ce qui ne change pas :

  • La nécessité de comprendre les fondamentaux du web : protocoles, logique, sécurité.
  • La valeur d’une bonne architecture dès le départ.
  • Et surtout : la capacité à lire, comprendre et maintenir du code – qu’il ait été écrit à la main ou généré par une IA.

➡️ L’ironie, c’est qu’avec les IA génératives, on pourrait croire que le code devient plus simple.
Mais en réalité, le développeur doit aujourd’hui jongler avec plus de langages, plus d’outils, plus de flux hybrides.

Il faut débugguer du code qui semble bon mais qui est toxique à long terme.
Il faut repérer les redondances, éviter les pièges de la sur-automatisation.
Et surtout : ne pas confondre vitesse de production avec qualité logicielle.

Les paradoxes de l’IA côté développeurs

💥 L’IA code très vite.
Mais elle code aussi des erreurs… très efficacement.

📈 Elle produit beaucoup.
Mais souvent trop : du code inutile, redondant, difficile à maintenir.

🎢 Elle ne sait pas se restreindre.
Elle a tendance à complexifier ce qui pourrait être simple.

🧱 Résultat :

La masse de code d’aujourd’hui, c’est la dette technique de demain.
Et il faudra bien quelqu’un pour la rembourser.

Faut-il encore investir dans un développeur web ?

Si votre objectif est de tester une idée ? Le no-code peut suffire, et c’est même recommandé pour limiter les coûts et accélérer la mise en marché.

Mais si vous visez un produit évolutif, sécurisé, avec des enjeux techniques importants ? Oui, investir dans une expertise développement est non seulement utile, mais essentiel.

La vraie erreur n’est pas de chercher à faire des économies, mais de croire qu’un outil peut remplacer une expertise. Un bon développeur, c’est comme un bon architecte : on peut construire sans lui… mais avec lui, le bâtiment tient mieux dans le temps.

Et entre nous, beaucoup de développeurs utilisent eux-mêmes du no-code et de l’IA. Leur métier, ce n’est pas de tout coder à la main, c’est de choisir les bons outils pour les bons besoins.

☕ Conclusion : l’IA n’est pas un danger. Le vrai danger, c’est de mal l’utiliser.

L’IA ne tue pas le métier de développeur.
Elle change son rythme, ses outils, ses responsabilités.

Le développeur devient un superviseur, un architecte, un stratège.
Et son rôle est plus crucial que jamais : garder une vision claire dans un monde d’automatisations floues.

Vous souhaitez aller plus loin ?

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6 commentaires sur “Le métier de développeur web est-il en danger avec l’IA et le no-code ?”

  1. À mon sens, on est complètement dans la troisième voie en ce qui concerne l’évolution du métier de développeur. L’IA est un pharmakon de plus dans la panoplie d’outils qui augmente nos potentiels. Ce qui est perturbant, c’est que cet outil est en fait plusieurs outils en un, et, ne serait ce qu’aujourd’hui, mélangés en un seul endroit.

    1. Oui, je te rejoins à 100 %.
      L’IA, c’est un pharmakon au sens de Stiegler : un outil ambivalent, qui peut autant renforcer qu’appauvrir nos compétences. Et ce qui déstabilise, c’est que ce n’est pas un outil, mais une galaxie d’outils… tous empaquetés dans la même interface. D’où la sensation de vertige.
      Mais clairement, on n’est pas dans la fin du dev : on est dans sa métamorphose. 🚀

  2. Super intéressant Carole! Merci pour cet l’article.
    Sans certitude pour l’instant sur la réel qualité du code et d’un développement intégralement fait par l’IA… Je me demande sur quel code les IA vont s’entraîner à l’avenir, le leur? 🤔
    Sinon, je suis un développeur fan de low code, mais le no code, connais pas! Il y’a toujours un CSS/JS dans un front à personnaliser, une requête SQL à modifier derrière une dataviz…
    🙏

    1. Merci beaucoup pour votre retour, ça me fait super plaisir 🙏

      Et effectivement, la question du corpus d’entraînement est loin d’être anodine :

      Les IA vont-elles s’entraîner sur leur propre production ?
      On entre alors dans un boucle de rétro-ingénierie hasardeuse, un genre d’Inception du code où la dette technique s’auto-répète 😅

      Concernant le no-code, je vous rejoins à 100 %.
      Derrière chaque outil « sans code », il y a toujours un bout de CSS à custom, un script JS planqué dans un coin ou un petit SELECT qui traîne pour afficher les bons KPIs.

      👉 Le no-code, au fond, c’est souvent du low-code qui s’ignore.

      Et c’est pour ça que votre profil — développeur curieux, hybride, fan de low-code — est plus que jamais essentiel.
      Parce que ceux qui savent jongler entre ces couches techniques sont les seuls à pouvoir garder la vision d’ensemble.

      Merci encore pour ce commentaire riche, et au plaisir de poursuivre l’échange !

  3. Il est clair que l’IA est pratique pour prototyper, tester rapidement une idée.
    Cela étant dit, l’IA est et doit rester un outil qui va accélérer le travail d’un développeur.
    Pourquoi pas laisser un pays se faire diriger par une IA sans droit de regard tant qu’on y est.
    Le développeur doit effectivement être le garant de la qualité et de la vision du site.
    Si l’IA se met à dérailler, il faut bien quelqu’un pour rattraper la situation.
    Le nombre de développeurs peut diminuer mais il faudra toujours quelqu’un pour le contrôle qualité.

    1. Merci pour ce commentaire, qui tape (très) juste.

      Et vous savez quoi ? Je me suis vraiment demandé : est-ce qu’il y a des pays où une IA ferait moins de dégâts que certains dirigeants actuels ?
      Spoiler : la réponse est peut-être plus embarrassante que prévue 😅

      Mais blague mise à part, vous avez raison. L’IA peut être un formidable copilote… tant qu’il y a un humain lucide au poste de commandement.
      Un développeur, ce n’est pas juste une personne qui écrit du code. C’est une conscience technique, un regard critique, et souvent celui qui dit « non » quand tout le monde veut dire « go ».

      Alors oui, le nombre de devs impliqués en phase 1 va peut-être diminuer.
      Mais au moment où il faut garantir la qualité, la sécurité, la vision d’ensemble…
      👉 Il en faudra toujours au moins un pour rattraper l’IA si elle décide de partir en freestyle.

      Merci encore pour cette excellente contribution (et pour la meilleure métaphore du mois 👏).

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