Faire un choix, c’est aussi refuser de laisser l’IA en faire à votre place.

L’IA avance vite, mais qui tient le volant ?
On parle d’IA partout. Elle entre dans les outils, les projets, les pitchs.
Elle séduit, intrigue… et parfois, elle s’installe sans qu’on sache vraiment qui l’a validée.
Et quand on creuse un peu, on entend :
« C’est le prestataire qui gère. »
« C’est le juriste qui a validé. »
« On teste pour voir. »
Très bien.
Mais qui est responsable de ce que l’IA fait vraiment, pourquoi elle le fait, et dans quel cadre ?
C’est ça, gouverner une IA. Et aujourd’hui, c’est le maillon faible de beaucoup de projets.
📚 À lire aussi : L’intelligence artificielle : comprendre les bases en 5 minutes
🧭 Gouverner une IA, c’est difficile (et c’est précisément pour ça qu’il faut s’en occuper)
Soyons lucides : mettre en place une gouvernance d’IA en entreprise n’a rien d’évident.
Oui, c’est difficile. Parce que le sujet est technique. Parce que les outils changent tous les six mois. Parce que personne n’a vraiment été formé à ça.
Mais en entreprise comme en solo, ne rien cadrer revient à déléguer la gouvernance à l’outil lui-même.
👉 Résultat ?
Des IA intégrées sans contrôle réel.
Des décisions automatisées, mais jamais auditables.
Et une impression générale que « ça tourne… tant que personne ne demande comment ».
🎯 Qui devrait gouverner l’IA ?
Une IA ne se gère pas comme un simple outil ou un script isolé. Elle s’inscrit dans des logiques de décision, de données, de responsabilité et d’enjeux humains.
Pour poser une gouvernance solide, plusieurs rôles doivent se croiser — et collaborer :
- La direction : fixe les objectifs stratégiques et les lignes rouges.
- Les métiers : valident les usages et mesurent les impacts concrets.
- Le juridique / conformité : veille au respect des lois (RGPD, AI Act…).
- La tech / DSI : garantit l’intégration, la sécurité et la robustesse technique.
- Le ou la data/IA officer : coordonne les projets IA et diffuse les bonnes pratiques.
- Le comité éthique (si existant) : interroge les biais, la transparence et les impacts sociaux.
- Et surtout : le chef projet web : Souvent oublié dans les schémas, mais au cœur de la réalité terrain.
Il comprend les contraintes métier, parle aux techs, fait le lien avec les prestataires, suit les deadlines, et sait garder le cap quand le sujet devient flou.
Bref : la gouvernance au quotidien, c’est déjà son métier.
👉 Pas besoin d’avoir tout ça en place pour démarrer. Mais il faut que quelqu’un pilote, et que chacun sache où commence et où s’arrête son rôle. Et dans bien des cas, le ou la cheffe de projet digital est la mieux placée pour le faire.
🧑💻 Et si on est solo ou en petite équipe ?
Ce n’est pas une excuse pour faire l’autruche.
Ne rien faire, c’est aussi faire un choix. Et ce choix a des conséquences.
Même en solo, on peut (et doit) mettre un peu de gouvernance autour de ses outils d’IA :
- Lister les outils IA utilisés, et ce qu’ils font réellement
- Garder un regard critique sur les résultats générés
- Être transparent·e avec ses clients ou partenaires
- Assumer une posture : je garde la main ou je délègue à l’outil ?
🎯 Ce n’est pas une question de budget. C’est une question de posture professionnelle.
🔍 Les bonnes questions à se poser avant de lancer un projet IA
Pas besoin d’un consultant ni d’un comité.
Mais poser ces 5 questions, c’est déjà poser une gouvernance :
- Quel est le problème à résoudre ?
(Et pourquoi l’IA serait-elle la bonne réponse ?) - Qui est responsable de quoi dans le projet ?
(Même si c’est un binôme métier-tech, formalisez-le.) - Quelles données seront utilisées ?
(Et sont-elles fiables, légales, représentatives ?) - Comment évalue-t-on les performances de l’IA ?
(Et que fait-on si elle se trompe ?) - Comment explique-t-on ce que fait l’IA ?
(Pas de boîte noire dans une prise de décision sérieuse.)
🤝 Travailler avec un prestataire IA : que surveiller (vraiment)
Le prestataire IA peut être votre meilleur allié… ou votre plus grande zone d’ombre.
Voici les questions à poser avant de signer :
- Pouvez-vous expliquer simplement comment le modèle fonctionne ?
- Les données d’entraînement sont-elles claires ?
- Comment gérez-vous les biais et les dérives ?
- Y a-t-il une supervision humaine possible ou prévue ?
- Que se passe-t-il si l’IA se trompe ?
- Peut-on contester ou ajuster les décisions ?
- Et surtout : qui est responsable en cas d’erreur ?
Et quelques red flags à fuir :
🚩 « C’est trop complexe pour être expliqué »
🚩 « On a utilisé des données du web, vous inquiétez pas »
🚩 « L’algorithme apprend tout seul, on n’y touche plus »
📌 Ce que gouverner l’IA veut vraiment dire
❌ Ce n’est pas faire une charte de 40 pages
❌ Ce n’est pas confier le sujet à “celui qui connaît un peu le sujet”
❌ Ce n’est pas repousser à plus tard
C’est, dès aujourd’hui :
✅ Donner un cadre clair,
✅ Documenter ce qu’on fait,
✅ Et prendre les décisions importantes en conscience.
📝 Checklist express pour une gouvernance IA claire (même sans comité officiel)
🎯 Avant de lancer un projet IA :
- Ai-je un problème métier clair à résoudre ?
- L’IA est-elle la solution la plus adaptée (et pas juste la plus tendance) ?
- Les données disponibles sont-elles fiables, pertinentes, légales ?
- Le projet est-il porté par un binôme minimum : métier + tech / data ?
- Un cadre de responsabilité est-il posé (qui valide quoi, quand, comment) ?
🤖 Si je travaille avec un prestataire IA :
- Peut-il expliquer simplement ce que fait le modèle ?
- Le modèle est-il documenté (données utilisées, fréquence de mise à jour…) ?
- Un mécanisme de supervision humaine est-il prévu ?
- Les résultats sont-ils explicables, contestables, audités ?
- Ai-je un droit de regard sur l’évolution du modèle ?
👤 Si je suis solo / freelance / petite structure :
- Ai-je listé les IA que j’utilise et ce qu’elles font pour moi ?
- Est-ce que je garde un regard critique sur leurs résultats ?
- Suis-je transparent·e avec mes clients / partenaires sur mon usage de l’IA ?
- Ai-je identifié des zones à risque (données sensibles, contenus générés…) ?
- Mon choix de “ne pas gouverner” est-il assumé ou par défaut ?
✨ Gouverner une IA, ce n’est pas tout prévoir.
C’est ne pas laisser l’IA décider à votre place sans cadre, sans recul, sans intention.
☕ Conclusion
👉 Une IA, ce n’est pas un plugin magique.
👉 C’est un système qui produit des décisions ou des contenus.
👉 Et si personne ne tient le cadre, c’est l’IA qui en invente un pour vous.
En tant que cheffe de projet web, les sujets de gouvernance me passionnent.
Pas parce que j’aime les process pour le plaisir (même si parfois, un bon Nextcloud bien rangé, c’est la vie 😏),
mais parce que je vois trop souvent ces questions arriver trop tard.
On parle de gouvernance quand le modèle déborde.
Quand la prod fait n’importe quoi.
Quand un prestataire a disparu avec la doc.
Quand il faut expliquer après coup pourquoi l’IA a dit “non” à un client fidèle.
Et pourtant, poser les bases d’une gouvernance IA, c’est un vrai levier d’innovation.
C’est ce qui permet :
- de garder la main sur ses projets,
- de créer une culture de partage et de responsabilisation,
- et surtout, d’avancer vite sans brûler les étapes.
Mettre la gouvernance au cœur, ce n’est pas ralentir.
C’est créer de la confiance, de la lisibilité, et une vraie capacité à innover durablement.
📬 Vous voulez aller plus loin ?
💌 Abonnez-vous à ma newsletter « Perspectives digitales », Web : conseils, outils et tendances pour les pros.

👋 Envie d’y voir plus clair sur votre stratégie digitale ?
👉 Prenons 15 minutes ensemble pour faire le point
#IA, #SEO, #RGPD, #Webmarketing