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Baromètre 2025 de l’écoconception

L’urgence de construire un numérique sobre et raisonné

Aujourd’hui, l’empreinte environnementale du secteur numérique est un défi majeur. La sobriété numérique est la réponse, mais les efforts semblent ralentir.

Selon l’ADEME, la part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre en France devrait atteindre 4,4 % en 2025, soit près du double des 2,5 % mesurés en 2020. En toile de fond, la croissance estimée de la consommation électrique des data centers mondiaux devrait être multipliée par 3 d’ici 2030, selon le Shift Project.

Le Baromètre de l’Éco-Conception Digitale 2025, réalisé par Razorfish et Green IT, révèle une tendance inquiétante, aggravée par l’arrivée massive de l’Intelligence Artificielle.

Le bilan 2025 | Le recul collectif


L’étude, qui a analysé les 10 pages les plus visitées de 90 sites majeurs (les 40 sites corporate du CAC40 et les 50 premiers sites e-commerce), montre un recul général.
La moyenne des sites étudiés régresse au niveau de 2022, atteignant un score EcoIndex de 25/100.

Ce recul de 5 points par rapport à 2024 n’est pas anodin : pour 1 milliard de pages vues sur ces sites, cela représente, par exemple, 1 500 000 litres d’eau consommés et +100 000 kg d’équivalent CO2 émis supplémentaires.

Le piège de l’obésité logicielle : e-commerce et sites corporate

Les sites e-commerce sont les plus impactés par ce que l’on pourrait appeler l’« obésité logicielle ».
Ils obtiennent la moins bonne moyenne et n’ont jamais été aussi complexes.

  • E-commerce : Le secteur le plus en difficulté
    • 🌱 Score : 86 % des sites du Top 50 ont un score de F ou G (le plus mauvais score en 4 ans).
    • 🌱 Explication : Cette mauvaise performance s’explique par la complexité croissante des pages (fiches produits, comparaison, personnalisation, etc.).
    • 🌱 Impact : Le DOM moyen (nombre d’éléments sur la page) du Top 50 a augmenté de +28 % entre 2024 et 2025.
  • Corporate (CAC40) : Recul dû aux refontes
    • 🌱 Score : Les sites corporate reculent également, avec une moyenne à 35/100 (Score E). 30% des sites ont même F ou moins, le moins bon score depuis 4 ans.
    • 🌱 Explication : La principale cause est l’impact des refontes (redesigns) qui, bien que cherchant souvent à améliorer l’expérience, se révèlent non concluantes en éco-conception.
    • 🌱 Impact : Dans un exemple donné, une refonte a entraîné une augmentation de 21 % du DOM et un doublement du poids de la page, menant à une chute de 22 points d’EcoIndex.

Leçon clé : Peu importe le secteur ou la complexité naturelle d’un site, la progression en éco-conception est toujours possible. Les écarts d’EcoIndex restent importants, même entre différents types de pages (accueil, produit, catégorie), prouvant qu’il n’y a pas de fatalité.

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L’intelligence artificielle | Maîtriser le risque environnemental de l’IA générative et agentique


L’arrivée de l’IA générative et surtout de l’IA agentique (capable d’autonomie et d’exécution de séquences d’actions) rebat les cartes de l’éco-conception.

L’étude met en lumière l’explosion des impacts : la croissance des impacts environnementaux de l’IA est estimée à x7 dans le monde entre 2025 et 2030.

Sobriété IA : choisir l’outil le moins gourmand pour chaque besoin

L’analyse des performances environnementales des interfaces d’IA sur différents cas d’usage révèle un principe fondamental :

1. Pour les besoins génératifs (simple recherche d’information) :

  • 🌱 L’IA générative « standard » (comme l’interface ChatGPT) a un score moyen deux fois meilleur (D 41/100) que l’IA agentique (E 23/100) pour ces tâches.
  • 🌱 Conclusion : L’interface standard de ChatGPT est la moins gourmande pour l’information.

2. Pour les besoins agentiques (mise au panier, réservation) :

  • 🌱 L’IA agentique est nécessaire pour ces actions, mais ses performances sont plus coûteuses que le parcours classique.
  • 🌱 L’interface Perplexity Comet (E 30/100) s’est avérée la moins gourmande pour les besoins agentiques par rapport à ChatGPT Agent (F 17/100).

Le risque d’un usage « tout-en-un »

Le principal risque environnemental vient de l’utilisation de l’IA agentique pour des tâches qui pourraient être accomplies par l’IA générative simple (comme demander une information).

  • 🌱 L’écart : Pour un cas d’usage génératif (purement informatif), le coût environnemental de l’IA agentique peut être jusqu’à 60 fois supérieur à celui de l’IA générative.

☕ Conclusion


Innover avec raison

L’éco-conception digitale est en perte de vitesse.
Si la progression est à portée de main pour les sites web traditionnels (via la maîtrise du poids des pages et des requêtes), l’arrivée de l’IA impose une vigilance accrue.

Il est urgent de construire un digital innovant raisonné.
Au-delà des utilisateurs, les entreprises ont un rôle crucial à jouer en questionnant l’usage systématique de l’IA et en choisissant l’outil le plus sobre pour chaque besoin utilisateur.

Poursuivez la discussion : partagez cet article et échangez avec nous sur les solutions concrètes pour une sobriété numérique réussie.

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