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π Bonjour !
La newsletter qui vous aide à mieux comprendre le web pour mieux décider.
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Vous avez une idée de sujet ? Une question en suspens ? Répondez à cet e-mail, je lis tout avec attention.
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β€οΈ Merci à celle qui m'a raconté cette histoire, et qui m'a autorisée à la transposer.
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Édito | Septembre 2026
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π€ 5 minutes de lecture qui ont sauvé un appel d'offres
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J'y expliquais qu'une IA gratuite s'appuie sur un modèle ancien et des données dépassées. Elle peut donc produire des résultats hallucinatoires, qui entachent votre crédibilité sans que vous le voyiez venir.
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Cet été, j'ai donc montré cette vidéo à une dirigeante avec qui je travaille. Elle l'a regardée, elle a souri, et elle m'a raconté ce qui lui était arrivé quelques semaines plus tôt.
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Avant d'aller plus loin : j'ai changé tout ce qui pouvait identifier les personnes et les organisations de cette histoire. Le secteur, les rôles, le calendrier. Ce que je n'ai pas touché, c'est le mécanisme. C'est lui qui vous intéresse, et c'est lui qui se reproduira ailleurs.
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Le contexte, donc. Pour répondre à des appels d'offres importants, son entreprise se regroupe avec d'autres. Chacun reste sur son cœur de métier, et ensemble ils couvrent un périmètre qu'aucun ne pourrait porter seul. Le genre de montage où la confiance entre partenaires n'est pas un supplément d'âme, c'est la structure porteuse.
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Le partenaire principal était représenté par quelqu'un de brillant. Reconnu, écouté, jamais pris en défaut. Il voulait envoyer rapidement un e-mail au client, ce qui se comprend quand une opportunité se présente, et il en a mis une copie à sa partenaire. Pas une demande de validation formelle. Juste le réflexe normal entre gens qui portent le même dossier.
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Sauf qu'en face, on était à la veille des congés. Journées à rallonge, dossiers à boucler, et un e-mail qui glisse au bas de la pile. Une relance. Deux. À la troisième, elle a failli lui répondre ce qu'on répond tous dans ces cas-là : je te fais confiance, prends le lead. Elle avait la phrase prête. Puis, par acquit de conscience, elle a rassemblé ce qui lui restait d'énergie pour passer outre sa charge mentale et ouvrir cet e-mail avant d'en recevoir une quatrième.
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Elle n'a pas eu besoin d'aller loin. Dès les premières lignes, le texte lui attribuait des propos qu'elle n'avait jamais tenus. Plus bas, des acronymes internes employés dans un sens qui n'était pas le leur. Et pour finir, des instructions qui n'auraient tout simplement pas dû être écrites.
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Ce qui l'a le plus sidérée, ce n'est pas la liste des erreurs. C'est l'écart entre l'homme et son livrable. Elle le connaît, elle sait ce qu'il vaut, et elle avait sous les yeux un texte qui ne lui ressemblait pas une seconde. Elle-même travaille avec l'IA au quotidien. Ce n'était pas un problème d'outil, ni de compétence.
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Ce mois-ci, je ne vais donc pas vous parler du modèle à choisir. Je vais vous parler de ce qui s'est vraiment joué ce jour-là : cinq minutes de lecture qui ont failli ne pas avoir lieu.
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1οΈβ£ L'erreur n'était pas visible. Elle était vraisemblable.
C'est le détail qui m'a le plus intéressée dans cette histoire
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Reprenons les trois problèmes de cet e-mail, parce qu'aucun n'est celui qu'on attend.
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- π£οΈ Des propos attribués à quelqu'un qui ne les a jamais tenus. Pas une invention pure : une reformulation plausible de positions réelles, poussée un cran trop loin. Le genre de phrase qu'on pourrait avoir dite.
- π€ Des acronymes internes employés dans le mauvais sens. Ils n'étaient pas inventés. Ils existaient, ils étaient correctement orthographiés, ils étaient juste utilisés avec la définition la plus courante au lieu de celle en vigueur dans l'organisation concernée.
- βοΈ Des instructions qui n'avaient rien à faire dans un e-mail client. Formulées avec l'assurance tranquille d'un texte bien écrit.
Le deuxième point est le plus instructif. Un sigle inventé, on le repère : on ne le connaît pas, on cherche, on ne trouve rien. Un sigle réel employé de travers ne déclenche aucune alerte. Le lecteur le reconnaît, son cerveau valide, il passe à la ligne suivante.
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Le modèle a fait ce qu'il fait toujours : attribuer à chaque terme son sens statistiquement le plus probable. Raisonnable dans l'absolu. Faux dans ce contexte précis. Et invisible pour quiconque ne connaît pas les règles internes de la maison.
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C'est là que se situe le vrai angle mort. On surveille les hallucinations spectaculaires, celles qui inventent des chiffres ou des lois. On ne surveille pas les livrables corrects sur la forme, cohérents sur le fond, et faux uniquement là où notre vocabulaire diverge du vocabulaire public.
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IA en entreprise : les risques que les décideurs sous-estiment
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2οΈβ£ Ce que "je te fais confiance" veut vraiment dire
Cette phrase, vous l'avez prononcée cette semaine. Moi aussi.
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Elle sonne bien. Elle est même vertueuse : elle dit qu'on ne micro-manage pas, qu'on reconnaît la compétence de l'autre, qu'on ne perd pas le temps de tout le monde. Dans un partenariat entre égaux, c'est exactement le bon réflexe.
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Sauf qu'elle a changé de nature depuis que l'IA produit nos textes. Avant, faire confiance à quelqu'un de compétent, c'était faire confiance à sa production : les deux allaient ensemble. Aujourd'hui, ce sont deux choses distinctes. Et c'est exactement la dichotomie qui a sidéré ma dirigeante.
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Notez au passage un paradoxe que je trouve cruel. Le garde-fou existait : c'est lui qui l'avait posé, personne ne le lui avait imposé. Et dans le même mouvement, il a relancé trois fois pour obtenir une réponse rapide. Demander une relecture, c'est accepter qu'on prenne le temps de vous lire. Relancer, c'est demander un tampon.
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Restait le plus délicat : comment dit-on à un partenaire brillant, reconnu, écouté de tous, que son e-mail ne doit surtout pas partir ? Elle a réuni son équipe en urgence, et ils n'ont pas cherché les arguments, qui étaient évidents. Ils ont cherché les mots. Leur trouvaille : suggérer de faire relire le texte par un avocat avant toute chose.
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Ça règle deux problèmes d'un seul geste. Sur le fond, c'est justifié : je n'ai pas eu le détail de ce qui posait question juridiquement, mais quand une équipe entière décide qu'un avocat doit lire un e-mail avant qu'il parte, c'est rarement par excès de prudence. Sur la forme, plus personne n'a à dire à monsieur A que son travail est mauvais. Le jugement sort du partenariat et devient une formalité entre professionnels.
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β Conclusion
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Ce qui me plaît dans cette histoire, c'est qu'elle prouve que l'intelligence humaine a encore de beaux jours devant elle.
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L'IA nous donne l'impression d'une maitrise absolue, mais attention :
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Parce que vos responsabilités s'empilent. Vous portez plusieurs casquettes, et il arrive forcément un moment où vous traitez des sujets que vous maîtrisez à moitié, parfois beaucoup moins. C'est le quotidien de tout cadre dirigeant, et ce n'est pas un aveu de faiblesse. Sauf que c'est précisément dans ces zones-là que l'IA produit ses livrables les plus convaincants et les moins vérifiables par vous.
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Le regard critique, ça demande de savoir ce qu'on regarde.
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D'où mon intuition pour les années qui viennent : certains métiers vont se déplacer vers la validation. On n'appellera plus systématiquement un expert pour produire un livrable, ça, l'IA le fait déjà. Mais quand les enjeux seront sérieux, on l'appellera pour le relire. Et je crois que ce sera l'une des compétences les mieux valorisées du marché.
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En attendant, la prochaine fois qu'un livrable atterrit dans votre boîte avec une demande de validation rapide, souvenez-vous que la relire vous coûtera toujours moins cher que de l'avoir laissée partir.
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Vous aussi vous avez un sujet à me souffler ? π
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Une question, une situation, un casse-tête de terrain ? Répondez à cet e-mail, je lis tout.
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